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Étiquettes obsolètes ?

08/05/2016

Non, je ne parle pas des étiquettes nutritionnelles à l'arrière des produits manufacturés. Celles-là sont bien d'actualité.

Je parle des étiquettes que l'on met compulsivement sur les gens, leur alimentation, et les styles de cuisine qui les nourrissent...

Quiconque change son alimentation sera exposé à des questionnements, souvent sincères, sur la nature exacte du régime choisi et sur ses raisons. "Alors, du coup, tu es végétaRIEN ou végétaLIEN ?" "Et le gluten tu le supprimes parce que tu as une maladie coeliaque ou juste par confort ?". Dans mon cas et dans ceux des personnes que je rencontre, l'étiquetage est inadapté. Au mieux, il est provisoire et deviendra obsolète car la personne chemine, teste, ajuste son alimentation. La case dans laquelle vous m'avez rangée hier ne me correspond plus aujourd'hui. Au pire, la mise en boîte sert à déduire des généralités sur mes convictions ou ma personnalité, voire - arggg - à me reprocher de ne pas être en cohérence avec mon régime d'éviction annoncé. "Toi tu n'as pas le DROIT de manger de cette glace, il y a du lait dedans." ou "Nan mais, tu fais une EXCEPTION là ? C'est n'importe quoi."

Or, s'il y a des militants des régimes éthiques (et il en faut), et aussi des personnes qui ne peuvent pas se permettre la moindre exception car leur vie est en jeu, la majorité des mangeurs qui expérimentent des alimentations alternatives sont sur un chemin expérimental. Nous revenons en arrière, nous bifurquons. Nous ne revendiquons pas forcément une école de pensée alimentaire. Parfois nous sommes perdus ou hésitants. Et nous nous passerions très bien des commentaires réprobateurs de ceux qui nous ont mis dans une case pour mieux la matraquer. Bref, avec un peu d'expérience, on apprend à ne plus se laisser définir : on parle de tendance, on dit qu'on diminue ou qu'on évite tel ou tel aliment ou ingrédient.

Pourtant, la catégorisation est utile : à l'échelle sociétale, elle permet de recenser et d'observer les tendances, d'alimenter la recherche, d'adapter les politiques publiques. A l'échelle individuelle, ce sont les heuristiques de jugement - ces raccourcis de pensée - qui nous permettent d'appréhender la complexité du monde en triant l'information. Mais bien sûr, catégoriser c'est rendre compte d'une vision statique de la réalité. Et les mangeurs en transition sont un exemple de phénomène dynamique.

Voilà peut-être pourquoi certains acteurs du changement sont en train de créer leurs propres définitions. Comme Nadia Sammut, cuisinière pleine d'énergie, qui a créé l'Institut Cuisine Libre, "une cuisine à forte valeur gustative et intégrative", basée sur l'excellence gastronomique, la commensalité et la convivialité. Ou encore Le Viel Audon, qui forme  des Ambassadeurs du jardinage et du bien-vivre alimentaire, à base d'"agrobiologie" et d'une "cuisine nourricière et saine". Avec ceux-là, nous pouvons dialoguer par-delà les étiquettes.

Finalement, les deux sortes d'étiquettes ont ceci en commun : dans notre alimentation et dans nos relations, l'idéal serait de s'en passer !

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